• LES DIX COMMANDEMENTS A TRAVERS LA BIBLE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DEUXIEME PARTIE :

    Les Dix Commandements à travers la Bible

    7. l'adultère et la vie conjugale

     

    Tu ne commettras pas d'adultère.

    (Deutéronome 5.18)

    Nécessité du mariage

     

    Qui a trouvé une femme a trouvé le bonheur, cela émane du gré de YHWH.

    (Proverbes 18.22)

    La Genèse explique avec poésie en quoi la femme est pour l'homme un cadeau de Dieu : Sachant que Adam en hébreu signifie l'homme au sens large (être humain), relisons le verset 27 du chapitre 1 :

     

    Dieu créa l'humain à son image, à l'image de Dieu, il le créa ; mâle et femelle et les créa.

    (Genèse 1.27)

    L'homme et la femme forment donc à eux deux une entité et c'est cette dernière et seulement elle qui est à l'image de Dieu. Le chapitre 2 va plus loin : il explique à la société patriarcale de l'époque biblique en quoi et pourquoi la femme est indispensable à l'homme.

     

    YHWH Dieu forma l'humain (ADAM) avec de la poussière du sol (ADAMA). Il insuffla dans ses narines de l'haleine de vie et l'humain devint un être vivant... YHWH Dieu dit : Il n'est pas bon que l'humain soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui soit accordée. YHWH Dieu forma à partir du sol toute bête de la campagne et tout oiseau du ciel. Il vint vers l'humain pour voir comment il le nommera et tout ce que lui nommera l'humain, souffle de vie est son nom. L'humain cria un nom pour tout le bétail et pour l'oiseau du ciel et pour toute bête de la campagne. Et pour Humain, il ne trouva pas d'aide qui lui soit accordée.

    (Genèse 2.7-20)

     L'être humain est donc intelligent et capable de distinguer les choses puisqu'il peut les nommer. Pourtant, il ne reconnaît pas "l'aide" correspondant à ses besoins. En fait, comme la suite va nous le faire découvrir, elle est en lui, mais l'intervention divine sera nécessaire pour lui faire prendre une forme qui lui permettra de réaliser ses fonctions.

     

    YHWH Dieu fit tomber une torpeur sur l'humain qui sommeilla. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. YHWH Dieu transforma la côte qu'il avait prise à l'humain en une femme. Il la fit venir vers l'humain. L'humain dit : Celle-ci, cette fois, est os de mes os et chair de ma chair. Celle-ci s'appellera ICHA (femme) car de ICH (homme au sens restreint de mâle) celle-ci a été prise. Aussi l'homme laissera-t-il son père et sa mère. Il s'attachera à sa femme. Ils seront une seule chair.

    (Genèse 2.21-24)

     

    L'humain appela sa femme du nom de Vivante (Hawah, traduit Eve), car elle était la mère de tout vivant.

    (Genèse 3.20)

    La femelle ICHA a donc été séparée du mâle ICH avec lequel elle formait une entité pour que Eve, la "mère de tout vivant" existe. ICHA est la femme, une partie de l'humain (ADAM). Eve est la concrétisation de la sexualité. Cette dernière n'aurait pu s'exprimer sans la séparation biologique des sexes. ADAM, l'homme créé à l'image de Dieu est formé de ICH et de ICHA. L'homme seul, ICH n'est pas un humain complet et, en tout cas, il n'est "à l'image de Dieu".

    Le mariage est donc une nécessité impérieuse, car sans ICHA, ICH ne peut être ADAM. Selon la Genèse, l'être Humain n'existe donc que par et dans le couple, quand Adam est uni à la partie de lui-même porteuse de Eve, la vivante, car sans elle, il n'est que ICH.

    Quand ICHA revient à ICH, elle est devenue Eve, celle qui va pouvoir engendrer, la "mère de tout vivant". Nous savons tous que la femme n'a pas engendré tout ce qui vit. Eve n'est effectivement pas seulement la femme, elle est aussi l'émanation de la séparation des sexes, c'est à dire la sexualité et c'est ICHA qui en est porteuse. Quant à ICH, il est porteur d'ADAM. Par ICH et ICHA unis, Adam et Eve deviendront l'humanité.

    La séparation des sexes était donc absolument indispensable pour que ADAM, l'être humain puisse accomplir le commandement "croissez et multipliez-vous, remplissez la terre, dominez-la". Eve est donc bien une "aide" accordée à ADAM. Grâce à elle, la sexualité, l'être humain va pouvoir accomplir sa mission. Sans elle, il pouvait soumettre les animaux, il l'a prouvé en les nommant, il pouvait vivre aussi puisqu'il "devint un être vivant" grâce au "souffle" de Dieu, mais il ne pouvait engendrer et par conséquent, il était incapable de dominer la terre. Sans Eve, la sexualité, Adam ne pouvait se reproduire, alors qu'il était parfait puisqu'il contenait ICH et ICHA et qu'il avait été créé "à 1'image de Dieu". Il faut dire que Dieu ne se reproduit pas ! Au contraire, il est et doit rester unique. Il fallait donc bien enlever à ADAM sa perfection. Il la retrouvera et se rapprochera ainsi de Dieu en accomplissant l'acte sexuel. L'homme et la femme ne sauraient donc être des êtres humains accomplis qu'ensemble.

    Le but du mariage est double : reconstituer l'ADAM créé à l'image de Dieu et assurer la reproduction. Par la vie de couple, l'homme pourra d'une part se rapprocher de Dieu en redevenant à son image et d'autre part, il pourra accomplir sa mission de prolifération sur toute la terre.

    L'homme doit donc trouver une femme pour récupérer ce qu'il lui manque. Dieu lui rendra cette partie de lui-même et ce sera une grande faveur qu'il lui accordera, un don précieux et même une nécessité :

     

    Pour éviter tout dérèglement, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari. Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme et que la femme fasse de même envers son mari ! La femme ne dispose pas de son corps, c'est son mari. De même, le mari ne dispose pas de son corps, c'est sa femme. Ne vous refusez pas l'un à l'autre, sauf d'un commun accord et temporairement afin de vous consacrer à la prière, ensuite, retournez ensemble, de peur que votre incapacité à vous maîtriser ne permette à Satan de vous tenter.

    (1 Corinthiens 7.2-5)

    Le mariage est donc nécessaire pour calmer les ardeurs, mais au-delà de cet aspect, il répond à la réalité profonde de la création :

     

    La femme est inséparable de l'homme et l'homme de la femme, dans le Seigneur, car si la femme a été tirée de l'homme, l'homme naît de la femme et tout vient de Dieu.

    (1 Corinthiens 11.11-12)

    La loi

    La Bible ne fait mention d'aucune sorte de cérémonie religieuse célébrant le mariage. Plusieurs cas sont décrits : L'homme choisi une femme ou un père lui fait cadeau de sa fille, puis éventuellement, un festin scelle l'événement. Mais c'est la nuit de noce qui rend le mariage effectif. Ainsi, Laban a trompé Jacob. Ce dernier qui aimait Rachel servit sept ans pour la mériter. Voici le moment du mariage venu :

     

    Laban réunit tous les gens du lieu. Il fit un festin. Ce fut au soir. Il prit Léa, sa fille, et l'amena pour qu'il vint vers elle. Laban donna Zilpa, sa servante, pour servante à Léa. Ce fut au matin et voici que c'est Léa ! Il dit à Laban : Que m'as-tu fait là ? N'est-ce pas pour Rachel que j'ai servi avec toi ? Et pourquoi m'as-tu trompé ?

    (Genèse 29.22-25)

    Heureusement pour Jacob, la société de l'époque était polygame et il a pu également épouser Rachel. Mais il a dû prendre Léa aussi pour épouse, car telle est la loi :

     

    Si un homme rencontre une jeune vierge qui n'est pas fiancée, s'en empare, couche avec elle et qu'on les surprend, alors l'homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d'argent et elle sera sa femme Puisqu'il l'a violentée, il ne pourra pas la renvoyer de sa vie.

    (Deutéronome 22.28-29)

    La jeune fille ne deviendra donc pas une mère célibataire. En fait, la loi protège, non seulement la femme, mais surtout la descendance, ce bien précieux qui sera l'avenir de la société. Dans le même ordre d'idées, les relations sexuelles avec des proches parents ou des animaux sont interdites :

     

    Personne ne s'approchera de son proche parent pour en découvrir la nudité. Je suis YHWH.

    (Lévitique 18.6)

    "Découvrir la nudité" ou "le sexe" (le mot hébreu contient les deux acceptions) signifie avoir des relations sexuelles. Les camps de nudistes n'existaient pas ! L'intimité du corps était strictement réservée à l'acte sexuel. Nous parlerons de cet aspect pudique du comportement un peu plus loin.

    Mais revenons à la loi. Une longue liste de cas précis suit ce commandement général :

     

    Tu ne découvriras pas la nudité de ton père, de ta mère. C'est ta mère, tu ne découvriras pas sa nudité...

    Tu ne découvriras pas la nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née à la maison ou au dehors.

    Tu ne découvriras pas la nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille, car elles sont ta nudité...

    Tu ne découvriras pas la nudité de la sœur de ton père. Elle est la chair de ton père.

    Tu ne découvriras pas la nudité de la sœur de ta mère, car elle est la chair de ta mère.

    (Lévitique 18.7-13)

    Ne sont ce pas là des notions tout à fait compatibles avec celles de la génétique moderne ? Les chromosomes étaient inconnus, pourtant l'homme connaissait déjà les effets de la consanguinité. D'où tenait-il cette information ? Encore de nos jours, les chiens, les chats, et bien d'autres animaux ne s'embarrassent pas de ce principe. Certains pensent que la Loi a été révélée directement par Dieu au Sinaï, d'autres estiment qu'elle est le fruit de l'expérience et de l'intelligence humaine. Entre ces deux convictions, tous les points de vue sont acceptables tant qu'ils ne s'écartent pas du projet divin : le bonheur et l'espoir en l'avenir d'une humanité heureuse et paisible. La Genèse, par la conception qu'elle expose sur les origines et sur la sexualité cadre parfaitement avec la recherche du bonheur, de ce qui est "bon" dans l'esprit de l'ensemble des Ecritures. Tout au long des textes, l'acte sexuel est présenté comme une fonction naturelle indispensable à l'homme, non seulement pour se reproduire, mais aussi pour s'épanouir et accéder à l'équilibre qui rapproche de Dieu. La vie sexuelle ne doit donc pas s'écarter de son but de rapprochement entre l'homme et la femme, parce qu'alors, elle deviendrait négation d'elle-même :

     

    Avec un homme, tu ne coucheras pas comme on couche avec une femme. C'est une abomination.

    Tu n'auras pas de relations avec une bête pour être impur par elle et la femme ne se tiendra pas face à la bête pour s'y accoupler. C'est une confusion.

    (Lévitique 18.22-23)

    La Loi protège également les relations familiales :

     

    La nudité de la femme de ton père, tu ne la découvriras pas. C'est la nudité de ton père...

    Tu ne découvriras pas la nudité du frère de ton père : tu ne t'approcheras pas de sa femme. Elle est ta tante.

    Tu ne découvriras pas la nudité de ta bru. C'est la femme de ton fils, tu ne découvriras pas sa nudité.

    Tu ne découvriras pas la nudité de la femme de ton frère. C'est la nudité de ton frère.

    D'une femme et de sa fille, tu ne découvriras pas la nudité. Tu ne prendras pas pour en découvrir la nudité la fille de son fils et la fille de sa fille. Elles sont de sa chair, ce serait une impudicité.

    Tu ne porteras pas une femme à détester sa sœur en découvrant sa nudité en plus de la sienne de son vivant.

    (Lévitique 18.8-18)

    De même, la vie sexuelle en tant que fonction de reproduction ne peut porter atteinte ni au conjoint, ni à la famille, ni à la société :

     

    A la femme de ton compatriote, tu ne donneras pas ta couche pour semence, pour la souiller en elle.

    (Lévitique 18.20)

     

    Si l'on surprend un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, l'homme qui a couché avec la femme et la femme. Tu ôteras le mal d'Israël.

    (Deutéronome 22.22)

    L'adultère est donc une faute grave. Le mari trompé est victime d'un vol : non seulement un autre lui pend la faveur, le don précieux qui lui a été accordé par Dieu, mais en plus, il bafoue sa paternité. Sous cet aspect, il porte également atteinte à la société : De qui sera le fils qui peut naître de cette relation illicite ? Officiellement du mari, mais de fait ? Or nous savons que la société était organisée en clans d'après les familles. Le principe est simple: Si un homme désire une femme, il doit l'épouser et une femme mariée ne peut pas tromper son mari. L'ascendance et la descendance de chacun doivent être claires et sans équivoque :

     

    Le bâtard ne viendra pas dans l'assemblée de YHWH. Même à la dixième génération, il ne viendra pas dans l'assemblée de YHWH.

    (Deutéronome 23.3)

    La loi est dure, mais n'oublions pas que le droit à la possession de la terre promise découlait de l'alliance passée avec Abraham et était transmis par filiation. La généalogie occupe d'ailleurs une place très importante dans les Ecritures : des longues listes de générations définissent souvent une personne ou un groupe, surtout dans les écrits plus récents de la Torah.

    Enfin, l'adultère est un manque de respect vis-à-vis de l'union conjugale, la relation instituée par Dieu entre Adam et Eve. Il est même dangereux :

     

    ... pour te protéger de la femme d'un autre, l'étrangère aux paroles enjo1euses, celle qui a délaissé l'ami de sa jeunesse et oublié l'alliance de son Dieu, car sa maison a incliné vers la mort et vers les ombres, ses menées. Tous ses visiteurs n'en retourneront pas et n'atteindront pas les chemins de la vie.

    (Proverbes 2.16-19)

    Mais une menace encore plus immédiate et plus concrète, la jalousie, pèse sur le contrevenant :

     

    Qui commet l'adultère manque de cœur. Il ruine sa vie, celui qui fait cela. Il récoltera les coups et l'infamie. Et son ignominie ne s'effacera pas, car la jalousie met le mâle en fureur et il sera sans pitié au jour de la vengeance. Il ne prendra en considération aucune rançon, il n'en voudra pas, même si tu mu1tip1ies 1es offres.

    (Proverbes 6.32-35)

    Quant à Jésus, il va plus loin encore que la Torah en condamnant jusqu'au fantasme adultérin :

     

    Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Or moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme en la désirant a déjà dans son cœur commis l'adultère.

    (Mathieu 5.27-28)

    La réalité

    Dans la Bible, l'histoire humaine et la Loi mélangées forment un amalgame de commandements et d'actions parfois contradictoires. Ainsi, Jacob-Israël a épousé deux sœurs : Léa et Rachel (Genèse 29). Vous me direz que cela n'était pas vraiment de sa faute et qu'il a vécu avant la libération du Sinaï. Bien sûr ! Mais de ces unions, élargies de deux autres avec les servantes des femmes, sont tout de même issues toutes les tribus d'Israël !

    A la génération suivante, Juda s'en est allé vers Tamar, sa belle-fille. Cette dernière s'était déguisée en prostituée pour le séduire, car elle voulait une descendance. Elle était veuve des deux fils aînés de Juda Des jumeaux naquirent de cette union (Genèse 38). Ils figurent dans la généalogie de Juda (Genèse 46.12). Bien sûr, cela se passait également avant l'épisode du Sinaï, mais la Loi devait déjà être d'application, puisque l'article sur le 1évirat (Deutéronome 25.5) rendit justice à Tamar qui ne fut pas exécutée pour sa prostitution.

    A l'époque des Juges, Jepthé, un bâtard fils de prostituée, devint chef et commandant après avoir été renvoyé par le clan de son père. Il fut agréé par Dieu et jugea Israël pendant six ans (Juges 11 et 12).

    Le grand roi David commit également une faute très grave. D'après la Loi, il aurait dû être mis à mort (2 Samuel Il et 12). En effet, il séduisit la belle Bethsabée, la femme d'un vaillant guerrier hittite. Elle devint enceinte. Après avoir tenté, sans succès, de faire endosser l'enfant par le mari, David envoya ce dernier à la guerre et le fit placer en première ligne dans des conditions qui ne pouvaient qu'être mortelles. Ensuite, il épousa la veuve Bethsabée. Natan, le prophète, transmit le verdict de Dieu :

     

    David dit à Natan : J'ai péché contre YHWH. Natan dit à David : YHWH, de son côté, a passé sur ton péché. Tu ne mourras pas. Rien que parce que tu as été répugnant, répugnant devant les ennemis de YHWH avec cette affaire, le fils qui t'est né qu'il meure, il mourra ! Natan rentra à la maison. YHWH frappa l'enfant que la femme d'Urie avait enfanté à David et il dépérit.

    (2 Samuel 12.13-15)

    David se repentit et Dieu fut miséricordieux, à un point tel que Bethsabée mit au monde un autre enfant :

     

    David consola Bethsabée, sa femme. Il alla vers elle et il coucha avec elle. Elle enfanta un fils et il l'appela du nom de Salomon. YHWH l'aima et l'envoya dire par l'entremise du prophète Natan et il lui donna le nom de Yedidya (aimé de Dieu) à cause de YHWH.

    (2 Samuel 12.24-25)

    Le sage Salomon, le roi de la paix et de la prospérité est donc le fruit du pardon de Dieu, tandis qu'a dû mourir le produit de l'adultère. Vivant, cet enfant, puis ses fils après lui auraient, en effet, été un rappel perpétuel de la faute du roi David, serviteur fidèle de Dieu.

    Plus tard, Jésus nous a démontré que Dieu ne pardonne pas seulement aux rois et que l'homme devrait être exempt de faute pour pouvoir condamner ses semblables, ce qui est loin d'être le cas :

     

    Les Scribes et les Pharisiens amenèrent une femme qui avait été surprise en adultère. Ils lui dirent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider celles-là. Et toi, qu'en dis-tu ? Ils disaient cela pour l'éprouver, pour avoir de quoi l'accuser. Mais Jésus se baissa, et, de son doigt, il écrivit sur le sol. Comme ils continuaient à le questionner, Jésus se redressa et leur dit : Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché jette sur elle la première pierre ! Et s'inclinant à nouveau, il se remit à écrire sur le sol. Eux entendirent et se retirèrent un à un, à commencer par les plus vieux. Jésus resta seul. La femme était toujours au milieu du cercle. Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ? Elle répondit : Personne, Seigneur. Alors, Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne faute plus.

    (Jean 8.3-11)

    Malgré sa Torah stricte, la Bible nous enseigne aussi la tolérance. Le livre de Jonas illustre d'ailleurs très bien la nécessité du pardon face au repentir ainsi que la puérilité du juste intransigeant. Bien mieux : Dieu souhaite le retour du pécheur. Tous les hommes sont son œuvre et il lui en coûte de châtier.

    La Loi enseigne le chemin de la bonté, l'équité, la droiture, mais l'homme est enclin à pécher. S'il dépasse la mesure, il subira le sort de Sodome et Gomorrhe. Pourtant, Dieu préfère pardonner. Il sait que l'homme se tourne facilement vers le mal et il lui demande de lutter contre cette tendance destructrice, de revenir à lui, à sa bonne Loi dont le but, est le bonheur de l'humanité.

    Oui, la Loi est le phare du cap ESPERANCE et la réalité est un bateau fou poussé par des vents contraires et entraîné par des courants pernicieux. Cependant, les hommes de bonne volonté peuvent aisément redresser la barre et filer allègrement vers le DEVENIR de l'humanité. Ce dernier n'est pas un port, même pas une baie où s'échouer. C'est un état favorable pour une navigation paisible. Et Dieu sait si l'homme a besoin de ces conditions pour être heureux !

    Une hygiène respectueuse

    La Loi est aussi un traité de médecine ! En effet, elle enseigne également, parmi bien d'autres, l'attitude à avoir en cas de maladie vénérienne. Les règles d'hygiène sont très strictes :

     

    Quand un homme est atteint d'un écoulement dans sa chair, cet écoulement est impur. Telle est son impureté due à son écoulement, que ses organes laissent échapper l'écoulement où qu'ils s'engorgent, c'est son impureté : Tout lit où s'est couché l'homme atteint d'écoulement est impur, tout objet où il s'est assis est impur. Celui qui touche à son lit lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau. Il est impur jusqu'au soir. Celui qui s'assied sur l'objet où s'est assis l'homme atteint d'écoulement lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau. Il est impur jusqu'au soir. Celui qui touchera le corps de l'homme atteint d'écoulement lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau. Il est impur jusqu'au soir. Si un homme atteint d'écoulement crache sur quelqu'un qui est pur, celui-ci lavera ses vêtements et se baignera à l'eau. Il est impur jusqu'au soir... Toute personne que l'homme atteint d'écoulement a touchée sans s'être rincé les mains à l'eau, lavera ses vêtements et se baignera dans l'eau. Il est impur jusqu'au soir.

    (Lévitique 15.2-11)

    Les antibiotiques n'existaient pas. Il fallait attendre sept jours pour confirmer la guérison et pour pouvoir se considérer non contagieux :

     

    Quand l'homme atteint se purifie de son écoulement, il compte sept jours pour sa purification, lave ses vêtements et son corps dans l'eau vive. Il est purifié.

    (Lévitique 15.13)

    Assurément, ceux qui ont écrit cela, il y a plus de deux mille cinq cent ans, étaient loin d'être imbéciles. Et dire que, malgré ces textes devenus universels, Pasteur a dû encore se battre avec acharnement pour imposer l'hygiène moderne ! Bien mieux, nous connaissons actuellement à peu près tous les mécanismes de transmission des maladies infectieuses et pourtant, les mesures de prévention de la contagion ne sont pas encore toujours appliquées. Certains hommes ne se gênent pas pour séduire malgré une "chaude pisse" pas encore tout à fait refroidie et plus largement, combien ne toussent-ils pas en plein visage de leurs vis-à-vis, enfreignant la plus élémentaire politesse. Le respect des autres est loin d'être le souci de tous !

    En dehors de toute conviction religieuse, n'avons-nous pas chacun le devoir de préserver nos semblables de nos microbes et, s'il est déjà trop tard ou même si nous sommes la "victime", de prévenir nos contacts dès la prise de connaissance de la maladie contagieuse ?

    Protection du désir

    Les microbiologistes vous diront que la plupart des maladies vénériennes sont plus difficiles à déceler chez la femme que chez l'homme. La Torah ne précise aucune obligation de la part de la femme à leur propos. Par contre, cette dernière a aussi ses périodes d'impureté dues à des écoulements. Il s'agit bien sûr de la perte de sang, qu'il soit menstruel ou post-partum. Nous le savons, le sang était considéré comme un symbole de la vie. En perdre ne pouvait donc être compatible avec un état de "pureté" :

     

    Quand une femme est atteinte d'un écoulement, que du sang s'écoule de sa chair, elle est pour sept jours dans sa menstruation et quiconque la touche est impur jusqu'au soir.

    (Lévitique 15.19)

    La femme est un mystère pour l'homme : Elle, la "Vivante" perd un peu de sa vie chaque mois. Après une naissance, son hémorragie est encore plus importante. Pourtant, elle continue à vivre. Bien plus : elle donne la vie ! Elle ne saigne pas quand la vie germe en elle. Son sang menstruel est donc aussi l'aveu qu'un ovule n'a pas été fécondé. En cela, il est le sang de la vie non conçue.

    Après un accouchement, elle perd sa vie, puisque "le sang, c'est la vie", mais elle n'en meurt pas ! Elle est donc un mystère pour l'homme qui va devoir l'apprivoiser à défaut de pouvoir l'élucider :

     

    Voici trois choses qui me dépassent et quatre que je ne comprends pas : le chemin du vautour dans le ciel, le chemin du serpent sur le roc, le chemin du navire au cœur de la mer et le chemin de l'homme vers la femme nubile.

    (Proverbes 30.18-19)

    Pour retrouver la partie de lui-même qui lui manque, l'homme parcourra inéluctablement le chemin qui mène à la femme et le mystère de la vie s'accomplira : des hommes naîtront et les jeunes continueront d'être l'avenir des vieux. Le chemin vers la femme est donc aussi celui du DEVENIR.

    Porteuse du mystère de la vie et de la mort, la femme fait peur. Mais elle est la "Vivante", celle que l'homme doit approcher, "connaître" pour accomplir avec elle la mission que Dieu leur a confiée.

    Mais quand elle perd son sang, la femme est aussi évocation de la mort et elle est "indisposée" à ses fonctions de reproductions :

     

    Tu ne t'approcheras pas pour en découvrir la nudité d'une femme que sa menstruation rend impure.

    (Lévitique 18.19)

    Le cycle ovarien n'était pas encore connu, mais l'homme savait déjà qu'il n'est pas nécessaire de braver le sang de la femme pour concevoir. De nos jours, le sang fait moins peur et, pour la plupart d'entre nous, il a perdu son caractère sacré. Néanmoins, on ne peut pas dire qu'il soit particulièrement ragoûtant. Et même si l'homme a vaincu pas mal de ses angoisses, il reste fragile. Il a beau connaître parfaitement les fonctions biologiques de la reproduction, savoir comment fonctionne une femme, tant sur le plan physiologique que psychologique, la peur reste cachée au fond de lui. Il a peur de la femme parce qu'il a besoin d'elle. Phallocratie et violence conjugale sont bien souvent les conséquences de cette angoisse viscérale. A cause de celle-ci, l'homme a dominé la femme pendant des siècles. Mais la libération de cette dernière, au lieu de rétablir l'équilibre dans le couple, s'est souvent faite au détriment de l'harmonie de ce dernier. On parle maintenant de vie sexuelle et nous plus d'amour. La femme n'a plus de secrets. Ses mystères ont même des noms scientifiques. Que reste-t-il de la magie que les anciens d'Israël protégeaient ?

     

    Quand un homme couche avec une femme indisposée et découvre sa nudité, il a mis à nu sa source et elle a découvert la source de son sang, ils seront tous les deux retranchés du sein de leur peuple.

    (Lévitique 20.18)

    Les mystères de la femme sont ainsi protégés. Ils sont sa force à elle. Plus que sa beauté, ils sont son charme. En s'abstenant de fréquenter son sexe sanguinolent, l'homme continuera de la désirer avec respect, car "mettre à nu la source du sang", c'est en quelque sorte vider la femme de sa magie et par conséquent de ses pouvoirs.

    La pudeur joue le même rôle. Elle participe à l'entretien du désir en préservant le jardin secret de charmes à découvrir qui sont de loin plus excitants et de façon plus profonde que l'étalage des appâts. De plus, elle tend à égaliser le pouvoir de séduction des femmes en remplaçant les atouts de la plastique par ceux de la magie.

    La jalousie

    Nous l'avons vu et le proverbe suivant le dit crûment, la vie en couple apporte la plénitude, mais il suffit d'un manque de confiance en l'autre pour que le malheur s'installe.

     

    Vie charnelle, cœur serein. Pourrira les os la jalousie.

    (Proverbes 14.30)

    L'adultère est inacceptable, mais la faute n'est pas toujours connue. Il est possible qu'un conjoint doute de la fidélité de son partenaire. Qu'ils soient fondés ou non, la vie devient alors impossible. La Loi avait prévu un stratagème pour arrêter la "carie" (ou pourriture) que cause la jalousie :

     

    YHWH parla à Moise pour dire : Parle aux fils d'Israël et dis-leur : Quiconque dont la femme se conduit mal, lui est infidèle ; si un homme a avec elle des relations sexuelles à l'insu de son homme, qu'elle se soit souillée en secret, sans témoin contre elle, sans avoir été prise et qu'un souffle de jalousie s'empare de lui, qu'il jalouse sa femme qui s'est souillée ou si un souffle de jalousie s'empare de lui et qu'il jalouse sa femme qui ne s'est pas souillée... l'homme amènera sa femme au prêtre... Le prêtre fera approcher la femme et la fera comparaître face à YHWH... Il mettra sur ses mains ouvertes l'offrande de dénonciation, c'est à dire l'offrande de jalousie, tandis que lui-même aura à la main l'eau d'amertume qui rend maudit. Le prêtre fera prêter serment à la femme... Il lui fera boire l'eau et il lui arrivera ceci : si elle s'est souillée et qu'elle a été infidèle à son mari, l'eau qui rend maudit pénétrera en elle en devenant amère, son ventre enflera et son sein dépérira. Cette femme deviendra pour son peuple l'exemple que l'on cite dans les imprécations. Si au contraire, cette femme ne s'est pas souillée, si elle est pure, elle sera innocentée et elle sera féconde. Telle est la loi des jalousies, quand une femme se conduit mal contre son mari et se souille ou quand un homme est saisi d'un esprit de jalousie et jalouse sa femme : Il la fera comparaître devant YHWH et le prêtre lui appliquera toute cette loi. L'homme sera exempt de faute et la femme, elle répondra de sa faute.

    (Nombres 5.11-31)

    Cela me rappelle la façon dont ma grand-mère s'y prenait pour détecter mes mensonges d'enfant. Elle me disait : "donne-moi ton petit doigt, il va me dire si tu mens". Elle portait mon auriculaire à son oreille et le verdict était toujours infaillible. J'ai essayé le procédé sur mon petit neveu. Cela l'a rendu perplexe et il est parti aux renseignements. Sa mère, avec trois mots et un beau sourire, a sapé toute ma magie.

    Notre époque est rationnelle et c'est bien, mais quel dommage de ne plus pouvoir utiliser le verdict de l'eau amère ! Cela assainirait pas mal de couples malheureux qui souffrent à cause d'une fausse suspicion.

    Evolution de la polygamie

    Dans une société polygame comme celle de Moise, l'homme ne commet l'adultère que s'il couche avec une femme mariée. Il peut désirer plusieurs femmes, il suffit qu'il les épouse pour rester conforme à la Loi. Les récits historiques de la Bible nous rapportent des exemples précis de ce type d'organisation familiale. Par contre, la pensée exprimée dans les textes à caractère didactique, philosophique ou théologique tend vers l'idéal d'une organisation monogame : Dieu créa une seule Eve à partir d'une seule côte d'Adam. Les proverbes font référence à la femme et non à un groupe d'épouses. Le Cantique des Cantiques dénonce d'ailleurs fort subtilement la polygamie :

     

    Une vigne était à Salomon à Baal-Hamôn. Il donna la vigne aux surveillants. Chacun apportera pour son fruit mille pièces d'argent. Ma vigne à moi est pour moi. Le millier est à toi, Salomon, mais deux cents sont aux surveillants du fruit. Résidente des jardins, des amis sont attentifs à ta voix. Fais-moi entendre... Fuis, mon chéri et sois comparable à toi, à une gazelle ou à un faon de biche sur les monts des aromates.

    (Cantique des Cantiques 8.11-14)

    La relation ICH-ICHA doit être profonde pour arriver à reconstituer l'ADAM. Ce ne peut être le cas si l'homme disperse ses sentiments. Il faut être libre et disponible pour accéder à la communion totale d'une liaison réciproque qui ne peut être qu'unique :

     

    Je suis à mon chéri et mon chéri est à moi, le pâtre dans les lys.

    (Cantique des Cantiques 6.3)

     

    Soixante sont des reines et quatre-vingt, des maîtresses et les adolescentes sont sans nombre. Elle est unique, ma colombe, ma parfaite. Elle est unique pour sa mère, brillante pour celle qui l'enfanta. Elles l'ont vue, les filles, l'ont félicitée. Les maîtresses, elles l'ont louangée. Qui est celle-là qui se contemple comme une aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil, terrible comme un mirage ?

    (Cantique des Cantiques 6.8-10)

    Bien sûr elle est l'Amour ! Et il est plus fort que tout, qu'il s'agisse de celui de Dieu ou d'une femme :

     

    Les grandes eaux ne pourront éteindre l'Amour et les fleuves ne le submergeront pas. Si un homme donnait toute la richesse de sa maison pour l'Amour, qu'il soit méprisé ! Il sera méprisé.

    (Cantique des Cantiques 8.7)

    Nous le voyons, malgré la polygamie ancrée dans la société, la Bible fait l'éloge de l'Amour et prône la famille monogame tout en édictant des lois qui acceptent et régissent la situation de fait.

    Le divorce

    Le couple doit être harmonieux pour remplir sa mission. Si les relations entre l'homme et la femme sont mauvaises, ADAM ne pourra pas être "à l'image de Dieu". Il vaut donc mieux alors rompre l'union. Mais en arriver là est un échec. En effet, si les partenaires respectaient les principes de la Loi, il ne leur arriverait pas de ne plus s'aimer. La Torah n'instaure pas le divorce, elle le gère :

     

    Soit un homme qui a pris une femme et l'a épousée, mais cette femme n'a pas trouvé grâce à ses yeux et il a découvert en elle des propos de honte. Il a rédigé pour elle un acte de divorce et le lui a remis en mains en la renvoyant de chez lui. Elle est sortie de sa maison, s'en est allée et a appartenu à un autre homme. Si l'autre homme la prend en aversion, rédige pour elle un acte de divorce et le lui remet en la renvoyant de chez lui, ou bien si l'autre homme meurt, alors son premier mari qui l'avait renvoyée ne pourra pas la reprendre pour en faire sa femme après qu'elle aura été souillée.

    (Deutéronome 24.1-4)

    A cette époque, la femme n'avait donc pas le droit de demander le divorce. Par contre, elle détenait le pouvoir d'empoisonner la vie de son mari :

     

    Pluie agaçante d'un jour d'averse et femme querelleuse sont pareilles. Qui la retient, retient du vent ; sa droite saisit de l'huile !

    (Proverbes 27.15-16)

    Voilà donc l'arme à la disposition de la femme ! Mais il peut arriver que le mari soit lui-même victime innocente d'une mégère :

     

    Mieux vaut habiter sous le coin d'un toit que partager la maison d'une femme querelleuse.

    (Proverbes 21.9)

     

    Mieux vaut habiter un pays désert qu'avec une femme querelleuse et chagrine.

    (Proverbes 21.19)

    Le caractère de la femme est donc plus important que sa beauté. Pour l'œil aimant, la "biche amoureuse" sera toujours une "gracieuse gazelle". Pourquoi rejeter la femme qui a été jeune ? Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l'on peut trouver chez soi ? A travers le temps, la femme ne reste-t-elle pas désirable si l'amour veille ?

     

    Bois les eaux de ta citerne et les jaillissantes du milieu de ton puits ! Tes sources s'épancheraient-elles au dehors ou tes ruisseaux dans les rues ? Qu'elles soient pour toi seul et pas pour l'étranger avec toi. Que ta source soit bénie et jouis de la femme de ta jeunesse, biche amoureuse et gracieuse gazelle. Que ses seins te ravissent en tout temps. Enivre-toi toujours de son amour.

    (Proverbes 5.15-19)

    Ce texte condamne tout autant l'adultère que le divorce. Il enseigne à l'homme de ne pas aller chercher dehors ce qu'il a chez lui. Il prône l'épanouissement dans la vie de couple. Ce sont là toutes les conditions nécessaires pour que l'union dure.

    Et l'union doit durer ! Bien plus, selon Jésus, parce qu'elle est sacrée par Dieu, l'homme ne peut la rompre :

     

    Qui répudie sa femme, sauf pour cause de fornication, lui fait commettre l'adultère. Qui épouse une femme répudiée adultère lui-même.

    (Mathieu 5.32)

    Ici il m'a fallu sortir de mes ouvrages de référence, car pas deux n'exprimaient pas de la même façon la seule cause pouvant justifier un divorce. Des éditions anglaises m'ont amenée au mot "fornication". La TOB traduit par : "sauf en cas d'union illégale". La Bible de Jérusalem par : "hormis le cas de prostitution". Quant à Chouraqui, voici sa traduction : "sauf a propos de sexe".

    Ce petit morceau de phrase est précisément une fameuse pomme de discorde entre les Eglises chrétiennes. En fait, Mathieu, le premier évangéliste est le seul a reconnaître 1'adultere, le mauvais comportement sexuel, comme motif de divorce. Les autres évangélistes, plus tardifs, sont plus stricts:

     

    Ils ne seront plus deux [l'homme et la femme], mais une seule chair. Eh bien, ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer ! ... Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à son égard et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet l'adultère.

    (Marc 10.8-12)

    Bien sûr, l'homme et la femme qui respectent la Loi n'éprouveront pas le besoin de se séparer. Ils seront heureux ensemble et, quoi qu'il arrive, ils y feront front unis. En effet, le Christ étant venu sauver les croyants du mal, le bon chrétien ne devrait pas se retrouver dans une situation de divorce.

    Mais, contrairement à l'interdiction d'adultère qui est présente dans tous les livres révélés ou se prétendant tels, le divorce n'est formellement interdit que dans le Nouveau Testament. Par contre, tout autant l'Ancien Testament que le Coran prônent la bonne entente entre les époux, la réconciliation plutôt que le divorce.

    Les droits de la femme

    Malgré l'organisation phallocratique de la société hébraïque, la femme avait des droits et surtout, elle était respectée en tant que "mère des vivants". Sans elle, l'homme était incapable de remplir sa mission et il en était conscient, du moins dans les textes.

    Nous avons déjà évoqué le droit de Tamar à une descendance (Gn 38). Le livre de Ruth relate également le droit qu'avaient les femmes, même veuves ou pauvres, d'avoir un mari :

     

    Noémi dit : Retournez mes filles ! Pourquoi iriez-vous avec moi ? Ai-je encore des fils dans mes entrailles pour qu'ils deviennent vos maris ? Retournez mes filles, allez car je suis trop vieille pour être à un homme. Que j'aie dit : J'ai de l'espoir ; même : j'ai été cette nuit à un homme et même : J'ai enfanté des fils. Est-ce que pour autant vous attendriez qu'ils aient grandi ? Est-ce que pour autant vous vous voueriez à eux sans être à un homme ? Non, mes filles, car l'amer est pour moi beaucoup plus que pour vous, car contre moi est sortie la main de YHWH...

    (Ruth 1.11-15)

    Bien plus : l'homme a des obligations envers sa femme. Il doit lui procurer les "joies du mariage". N'est-ce pas là une façon pudique qu'on certains de parler de la tendresse et du plaisir, les deux étant intimement liés dans une union réussie ?

     

    Quand un homme prendra une nouvelle femme, il ne sortira pas avec l'armée et ne passera pas sur lui pour aucune chose. Exempté, il sera pour sa maison une année et il réjouira sa femme qu'il a prise.

    (Deutéronome 24.5)

    L'homme doit donc "réjouir sa femme"... Cela n'a-t-il pas l'air bien différent du concept de femme-objet que l'on rencontre fréquemment de nos jours ? Car même la femme 'libérée", indépendante, tant sur le plan financier qu'intellectuel n'est encore hélas trop souvent qu'une "chose" à la disposition de l'homme. Ou alors, elle rompt tout à fait et pour ne plus être soumise, elle comprime, écrase, cache son besoin de l'homme et défend son indépendance par une attitude castratrice.

    La femme dangereuse

    Même si elle apparaît très peu dans des situations importantes, la femme est omniprésente dans la Bible. Son rôle, primordial, a été décrit une fois pour toutes dans la Genèse. Elle est le complément indispensable de l'homme. Elle ne saurait être son égale ; elle n'est ni inférieure, ni supérieure : elle est différente ! S'il a la force et le pouvoir politique, elle a ses charmes et son emprise. L'homme a tellement besoin d'elle qu'elle peut le mener où elle veut et même l'écarter de la Loi.

    Cette peur de la femme et de son pouvoir est constante, de la Genèse à Esdras ou Néhémie, ce qui explique le rejet de la femme étrangère capable d'imposer sa culture et de dénaturer la religion des patriarches :

     

    N'est-ce pas en cela qu'a péché Salomon, roi d'Israël ? Parmi les nombreuses nations, il n'y eut pas de roi comme lui, aimé de son Dieu. Dieu l'avait établi roi sur tout Israël. Lui aussi, les femmes étrangères l'ont fait pécher !

    (Néhémie 13.26)

    L'homme est conscient qu'il ne peut résister à l'influence, même néfaste, de la femme. Il doit donc chercher pour lui la meilleure, celle qui formera avec lui un ADAM, c'est à dire un couple équilibré, "à l'image de Dieu". Bien sûr, Salomon a contracté beaucoup de mariages à des fins politiques et non par amour. Ses femmes, qui probablement ne l'aimaient pas non plus, ne le respectaient pas, ni lui, ni son peuple, ni son Dieu.

    C'est pourtant de ce dernier que vient le bon choix :

     

    Une maison et des biens viennent de l'héritage des pères, mais de YHWH, une femme avisée.

    (Proverbe_ 19.14)

    Comment savoir si c'est enfin "celle-ci, cette fois, os de mes os" ? Ou, en d'autres termes, comment Dieu fait-il connaître sa volonté ?

     

    ... Samson dit à son père : Prends-la-moi, car elle est droite a mes yeux. Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de YHWH, car il cherchait une occasion de s'en prendre aux Philistins...

    (Juges 14.3-4)

    Samson était de bonne foi. La femme lui plaisait. Pourtant, le mariage avec la fille des Philistins fut un fiasco, mais il permit une grande victoire d'Israël sur ses ennemis. Dieu suscite donc les passions selon son gré :

     

    La bouche des étrangères est une fosse profonde. Qui exaspère YHWH y tombera.

    (Proverbes22.14)

    Mais il appartient à l'homme de se protéger contre la femme dissipée, car elle l'entraînera vers toutes sortes de trahisons :

     

    Oui, la prostituée est une fosse profonde et l'étrangère un puits de détresse. Elle aussi, comme un ravisseur, elle fait le guet ; elle ajoute aux perfidies de l'humain.

    (Proverbes 23.27-28)

    La femme adultère est souvent appelée "l'étrangère", c'est à dire celle qui appartient à un autre homme. Elle est considérée comme plus dangereuse que la prostituée, car non seulement, par sa légèreté, elle se moque de la relation sacrée entre l'homme et la femme, mais en plus, elle gruge son mari.

    La femme dévergondée est jugée destructrice. Des conseils sont prodigués au jeune homme afin qu'il ne se laisse pas prendre au piège des charmes corrompus :

     

    Mon fils, soit attentif à ma sagesse et tends l'oreille à ma raison pour conserver la clairvoyance. Tes lèvres protégeront le savoir, car les lèvres de l'étrangère distillent le miel et sa bouche est plus onctueuse que de l'huile, mais en fin de compte, elle est amère comme l'absinthe, acérée comme une épée à deux lames. Ses pieds descendent vers la mort. Ses pas atteignent le monde-d'en-bas. Elle ne se fraye pas un chemin vers la vie. Ses sentiers sont perdus, tu ne les connaîtras pas ! Et maintenant, fils écoutez-moi. Ne vous écartez pas de mes propos. Eloigne d'elle ta route et ne t'approche pas du seuil de sa maison ; que tu ne donnes pas à d'autres ta magnificence et tes années à un homme implacable ; que des étrangers ne se rassasient pas de ta force ; du fruit de ton labeur, la maison étrangère et qu'en fin de compte, tu rugisses à l'épuisement de ton corps et de ta chair.

    (Proverbes 5.1-11)

    L'histoire de Samson et Dalila est un exemple particulièrement explicite de la vulnérabilité de l'homme face à la passion et à la perfidie de certaines femmes :

     

    Or, après cela, Samson aima une femme au torrent de Soreq. Son nom : Dalila. Les tyrans des Philistins montèrent vers elle et lui dirent : Séduis-le et vois en quoi sa force est si grande et comment comploter contre lui et le lier pour le réduire à l'impuissance et nous, nous te donnerons chacun onze cents sicles d'argent... Dalila vit qu'il lui avait ouvert tout son cœur et elle envoya appeler les tyrans des Philistins pour leur dire : Montez, cette fois, car il m'a ouvert tout son coeur. Les tyrans des Philistins montèrent vers elle et ils avaient l'argent en main. Elle endormit Samson sur ses genoux et elle appela un homme. Il rasa les sept tresses de sa chevelure. Alors, il commença à faiblir et sa force se retira de lui... Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux. Ils le firent descendre à Gaza et le lièrent avec deux bronzes. Il devint tourneur de meule dans la prison.

    (Juges 16.4-21)

    La femme idéale

    La Bible dénonce donc le risque de se laisser aller à désirer des femmes dangereuses, mais les textes définissent aussi les critères de qualité d'une femme. La beauté est louée, bien sûr, mais elle n'est pas tout :

     

    Un anneau d'or au groin d'un porc, femme belle mais manquant de goût.

    (Proverbes 11.22)

    Aux défauts à éviter sont opposées les qualités que, pour son bonheur, l'homme doit rechercher chez la femme :

     

    Une femme de valeur est une couronne pour son mari et une femme éhontée est une carie dans ses os.

    (Proverbes 12.4)

     

    Sagesse de femmes a construit la maison et la démence la démolit de ses mains.

    (Proverbes 14.1)

    En effet, si la mauvaise femme est dangereuse, une femme bonne, par contre, a le pouvoir de conduire son mari à Dieu :

     

    Vous de même, femmes, soyez soumises à vos maris, afin que, même si quelques-uns refusent de croire à la Parole, ils soient gagnés, sans parole, par la conduite de leurs femmes, en considérant votre conduite.

    (1 Pierre3.1-2)

    Une fois de plus, nous constatons que le rôle de la femme est très important. Le livre des proverbes se termine d'ailleurs par un long éloge de la femme idéale dont voici quelques extraits :

     

    Qui trouvera une femme de valeur ? Son prix est grand, plus que celui du corail. Le cœur de son mari se sécurise en elle, les profits ne manquent pas... Elle ouvre sa main à l'humilié et la tend au pauvre. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, toute sa maison est richement vêtue... De force et d'honneur vêtue, elle pense à l'avenir en riant... Ses fils se lèvent et la proclament bienheureuse et son mari fait son éloge : Bien des filles sont de valeur, mais toi, tu les surpasses toutes. La grâce trompe, la beauté ne dure pas. Une femme qui craint YHWH, voilà celle qui est louangée ! A elle le fruit de son travail, et que ses œuvres publient sa louange.

    (Proverbes 31.10-31)

    Nous le voyons, même si l'homme a peur de la femme et qu'il est conscient du danger qu'elle peut représenter pour lui, il sait néanmoins qu'il peut trouver celle qui le rendra heureux. Sa peur et sa vulnérabilité ne lui font donc pas condamner la femme en général. Au contraire !

    La sexualité épanouissante

    Contrairement à l'enseignement de certains religieux, la Bible célèbre l'amour et les bienfaits d'une saine sexualité. Hymne à l'amour, le Cantique des Cantiques n'est-il pas le plus beau des poèmes ? Comme la sexualité qu'il chante, il est universel et intemporel, à la fois simple et profond. Après lui, il n'y a plus de mots pour parler de l'union sexuelle idéale :

     

    Qu'il me baise des baisers de sa bouche ! Car tes étreintes sont meilleures que du vin... Entraîne-moi après toi, courons. Le roi me fait entrer dans sa chambre. Soyons heureux et réjouissons-nous en toi ! Célébrons tes étreintes mieux que du vin...

    (Cantique des Cantiques 1.2-4)

     

    Que tu es belle, ma compagne ! Que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes à travers ton voile... Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle. Ils paissent parmi les lys. D'ici que le jour respire et s'enfuient les ombres je m'en irai au mont de la myrrhe et à la colline encensée. Tu es toute belle, ma compagne ! De défaut, tu n'as pas ! Avec moi, du Liban, ô ! Fiancée, avec moi du Liban, tu viendras... Tu me rends fou, ma sœur, ô ! Fiancée, tu me rends fou par une seule de tes œillades, par un seul cercle de tes colliers. Qu'elles sont magnifiques, tes étreintes, ma sœur, ô fiancée ! Qu'elles sont bonnes tes caresses, plus que du vin ! Et la senteur de tes parfums plus que les baumes ! Tes lèvres dégoulinent de nectar, ô fiancée ! Du miel et du lait sont sous ta langue. Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban.

    (Cantique des Cantiques 4.1-11)

    Ce magnifique poème nous enseigne également qu'il ne faut pas laisser passer l'amour quand il se présente, qu'il est plus fort que tout et qu'en lui est le SHALOM (la paix du dehors, mais aussi du dedans), comme SHALOM est dans le nom de Salomon, l'amoureux, le héros du livre :

     

    ...Inexorable comme la mort est l'amour... Je suis un rempart et mes seins sont comme des tours, alors je suis devenue à ses yeux comme celle qui invente le SHALOM.

    (Cantique des Cantiques 8.6-10)

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