• Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) "chapitre 2"

     

    3                    Chapitre 2 — Esquisse des diverses dispensations

    Nous nous proposons d’esquisser les dispensations successives comme étant les grandes étapes de la révélation de Dieu aux hommes, depuis la création. Nous considérerons neuf périodes caractéristiques, tout en étant bien conscients que le découpage du temps peut être fait diversement :

     

    1° Le temps de l’innocence  è 2° Depuis la chute jusqu’au déluge  è 3° Depuis le déluge jusqu’à Abraham  è 4° L’époque des patriarches  è 5° La loi  è 6° Le ministère de Jésus  è7° L’Église et la période chrétienne  è 8° Les jugements futurs  è 9° Le Millénium

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2

    3.1   Le temps de l’innocence

    La Parole ne nous dit que peu de choses de la condition de l’homme dans le jardin d’Éden. Adam et Ève ont transgressé la seule interdiction que Dieu leur avait donnée. Dès l’origine, l’homme a failli à sa responsabilité. «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et... ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). C’est de la chute aussi que date une faculté d’origine divine dans l’homme : la connaissance du bien et du mal (Gen. 3:5), c’est-à-dire la conscience.

    Il est intéressant de noter que l’institution divine du mariage date de ce début de l’humanité, et que le Seigneur Jésus y fait référence lorsqu’on lui pose une question touchant le divorce. Il renvoie à ce qui était «au commencement» (Matt. 19:3-9). Le principe «et ils seront une seule chair» (Gen. 2:24), rappelé plusieurs fois dans l’Écriture, constitue la base sur laquelle la rupture du lien conjugal, la fornication et l’adultère sont prohibés (Matt. 19:6 ; 1 Cor. 6:16, 17).

    L’histoire d’Adam et d’Ève nous donne un exemple de chacune des deux façons dont l’Ancien Testament annonce Christ : les types et les prophéties formelles. Le sommeil dans lequel Adam reçoit de Dieu une femme, «os de ses os et chair de sa chair» (Gen. 2:23), est une image de la mort de Christ, par laquelle il acquiert une épouse, l’Assemblée ; «car nous sommes membres de son corps, — de sa chair et de ses os» (Éph. 5:30). Ensuite, après l’entrée du péché dans le monde, en prononçant le jugement sur le serpent, Dieu fait une déclaration prophétique des plus claires concernant «la semence de la femme», qui est Christ : «Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon» (Gen. 3:15). Le Seigneur sera arrêté momentanément dans sa marche, mais remportera par là même une victoire définitive sur Satan.

    3.2   Depuis la chute jusqu’au déluge

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    Durant les temps qui séparent l’entrée du péché dans le monde et le déluge, la Parole nous montre d’une part la famille de Caïn, s’établissant dans le monde, cruelle et faisant fi de l’institution divine du mariage (Gen. 4:19), et d’autre part une famille dans laquelle «on commença à invoquer le nom de l’Éternel» (4:26). C’est dans celle-ci qu’on trouve des hommes de foi — Hénoc et Noé — qui marchent avec Dieu, et auxquels Dieu fait des révélations personnelles (Gen. 5:24 ; 6:9-22 ; Jude 14). Mais la corruption et la violence se développent au point que «l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre» (Gen. 6:6). Les hommes n’ayant pas écouté le «prédicateur de justice», «le déluge vint et les emporta tous» (2 Pierre 2:5 ; Matt. 24:39). On peut remarquer que les révélations que Dieu fait à cette époque sont : le jugement qui doit venir sur les hommes impies et le moyen d’échapper à ce jugement. En substance, ce sont les premiers éléments de l’évangile qui est prêché aujourd’hui.

    3.3   Depuis le déluge jusqu’à Abraham

    Après le déluge, Dieu introduit quelque chose de nouveau. Pour freiner la violence qui conduit au meurtre, il confie le gouvernement à l’homme. Celui-ci devient responsable de mettre à mort le meurtrier : «Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car à l’image de Dieu, il a fait l’homme» (Gen. 9:6). Dieu permet à l’homme de manger de la chair, mais lui donne l’interdiction de la manger avec le sang (9:3, 4), interdiction répétée dans la loi de Moïse et dans le christianisme (Lév. : 7:26, 27 ; Act. 15:20, 29).

    À part ces quelques traits distinctifs, cette période est identique à la précédente, la responsabilité des hommes étant augmentée par le fait qu’ils ont connu le jugement de Dieu lors du déluge, ce qui devrait les amener à le craindre. Dans cette période aussi, Dieu a fait des communications individuelles à des hommes qui le craignaient, tels Job, Élihu, Melchisédec. Mais de façon générale, l’idolâtrie s’est développée sur la terre et c’est hors d’un tel état de choses que Dieu a appelé Abraham (Jos. 24:2). Pour les gens des nations, cette dispensation va se poursuivre jusqu’au début du christianisme. Leur dépravation morale est décrite en Romains 1:18 à 32. Les communications divines faites à Abraham et à ses descendants vont maintenant occuper le devant de la scène.

    3.4   L’époque des patriarches

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    Tout ce qui précède tient dans les onze premiers chapitres de la Genèse. Dans les chapitres 12 à 50 nous est donnée l’histoire des patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Dieu choisit un homme et l’appelle à lui. Il lui fait des promesses de bénédiction dont la portée s’étend jusqu’à la fin des temps : une descendance nombreuse et un pays. Plus encore, de «sa semence», la bénédiction découlera sur toutes les nations de la terre (22:16-18). «L’ami de Dieu» et ses descendants vivent une vie de foi comme des étrangers dans le pays qui leur a été promis. Abraham commande fidèlement «à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel» (18, 19). De leur côté, Isaac et Jacob se montrent attachés à la bénédiction promise.

    Quel est le genre de communications que Dieu fait aux patriarches ? Pour l’essentiel, ce sont des promesses ; occasionnellement, des ordres concernant un acte à accomplir ou un déplacement à effectuer. À ces promesses s’attache leur foi, à ces ordres répond leur obéissance. Dans ces pages de la Genèse, nous trouvons peu d’instructions morales directes, de préceptes. Néanmoins Dieu attend de ses serviteurs une conduite qui soit en rapport avec leur appel. Il dit à Abraham : «Je suis le Dieu Tout-puissant ; marche devant ma face, et sois parfait» (17:1). Et l’épître aux Hébreux rend le témoignage que «Dieu n’a point honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu» (11:16). Le récit de leur fidélité ou de leurs défaillances est une source très riche d’enseignements pratiques.

    En dehors de cette famille privilégiée, Dieu prend aussi connaissance des voies des hommes, et quand le mal s’aggrave, son jugement gouvernemental s’exerce. C’est ainsi que Sodome et Gomorrhe subissent une destruction complète (Gen. 19).

    Mais si la destruction de ces villes, comme le déluge, met en évidence le gouvernement de Dieu sous la forme d’un jugement destructif, final, l’histoire des patriarches nous révèle un autre aspect de ce gouvernement : la discipline. Dieu prend connaissance de toutes les actions de ceux qui sont en relation avec lui, et en fait venir sur eux les conséquences. Ce principe de rétributionest particulièrement mis en évidence dans la vie de Jacob et dans l’histoire des frères de Joseph. Cette forme de gouvernement n’est pas seulement une exigence d’un Dieu qui se doit à lui-mêmed’exercer la justice, elle est l’expression de la bonté d’un Dieu qui veut former les siens, pour leur plus grande bénédiction. Ces choses ne nous sont pas présentées dans la Genèse sous forme de principes abstraits, mais dans les faits.

    3.5   La loi

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2

    Jacob et sa famille descendent en Égypte, au temps de Joseph. La descendance des patriarches se multiplie extrêmement, mais souffre l’oppression et l’esclavage. Dieu entend leur gémissement et se souvient des promesses faites à Abraham, Isaac et Jacob. Fait très significatif, il reconnaît leur descendance comme étant «son peuple». Pour la première fois, Dieu établit une relation avec un peuple. Israël devrait être, au milieu des autres peuples, «une nation sainte» et «un royaume de sacrificateurs», témoin du seul vrai Dieu (Ex. 19:5, 6). Après sa délivrance d’Égypte, au Sinaï, Dieu lui donne la loi des dix commandements, et de nombreuses ordonnances. Commence alors une nouvelle épreuve de l’homme, qui durera jusqu’à la venue de Christ.

    La responsabilité particulière d’Israël est fondée, dès le départ, sur deux grands faits. Premièrement, ce peuple a été racheté de l’esclavage en Égypte, délivré de la puissance du Pharaon. Il a vu les merveilles de l’Éternel agissant en bonté envers lui et en jugement envers ses oppresseurs (Ex. 19:4). Deuxièmement, dans toute la solennité du feu et des tonnerres de Sinaï, ce peuple aentendu la voix de Dieu (Deut. 4:33-35).

    Cependant, si la loi exprime ce que l’homme doit être pour satisfaire aux exigences du Dieu saint, elle ne lui donne aucune force, aucune capacité, pour l’accomplir. Le peuple d’Israël, ne connaissant pas ce qu’est l’homme, s’exclame d’une seule voix : «Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons» (Ex. 19:8 ; 24:3, 7). Mais à peine donnée, la loi sera violée dans son premier commandement, lors de l’affaire du veau d’or (Ex. 32).

    Ceci fournit à Dieu l’occasion d’introduire un nouvel élément, bien différent de la loi, sans lequel l’homme pécheur ne pourrait subsister devant lui : la miséricorde. «Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde» (Ex. 33:19). Dans sa souveraineté, Dieu «fait miséricorde à qui il veut» (Rom. 9:18). Il y a là un mystère profond, mais lorsqu’on est soi-même un objet de cette grâce totalement imméritée, on ne peut que rendre grâces et adorer.

    Dans toute l’histoire subséquente, depuis le désert de Sinaï jusqu’à Christ, Israël demeure un peuple sous la loi. Dieu manifeste son gouvernement envers lui : il l’avertit, le châtie, lui pardonne, le reprend, le supporte. Plus le temps avance, plus se manifeste l’état incurable de l’homme et l’immense patience de Dieu. Et lorsque cette épreuve de l’homme aura démontré que «sur le principe des oeuvres de loi nulle chair ne sera justifiée» (Gal. 2:16), le moment sera venu pour Dieu d’envoyer son Fils sur la terre.

    Durant l’histoire d’Israël, telle qu’elle nous est révélée dans l’Ancien Testament, Dieu se manifeste de deux manières, pour notre plus grande instruction. D’une part, nous contemplons sesvoies envers son peuple, d’autre part, nous entendons les nouvelles révélations qu’il lui fait.

    Ses voies, ce sont ses manières d’agir. Il prend connaissance de la conduite de son peuple, qui si souvent s’éloigne de lui, et par les prophètes, il parle à son coeur pour le ramener à lui. Il le discipline, comme un père ses enfants. Ses voies révèlent ce qu’il est : un Dieu saint, qui ne peut supporter le mal et se doit de le punir, mais en même temps un Dieu de patience, lent à la colère, qui ne prend pas «plaisir à la mort du méchant» mais «plutôt à ce qu’il se détourne de ses voies, et qu’il vive» (Ézéch. 18:23). «Et l’Éternel... envoya vers eux par ses messagers, se levant de bonne heure et envoyant, car il avait compassion de son peuple et de sa demeure. Mais ils se moquaient des messagers de Dieu, et méprisaient ses paroles, et se raillaient de ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur de l’Éternel monta contre son peuple et qu’il n’y eut plus de remède» (2 Chron. 36:15, 16).

    Mais les prophètes ont aussi un autre ministère. Ils sont les canaux par lesquels Dieu fait de nouvelles révélations. Bien que le peuple soit encore sous la loi, Dieu se plaît à annoncer ses plans de grâce envers lui et l’oeuvre profonde qu’il accomplira un jour en sa faveur : «Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et j’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair» (Ézéch. 36:26). Et son sujet de prédilection, c’est la venue du Messie.

    Sous des formes plus ou moins voilées, ce Messie est annoncé tout au long de l’Ancien Testament. De sorte que Jésus pourra expliquer à ses disciples, «dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent» (Luc 24:27). Il faudra, il est vrai, qu’il leur ouvre les Écritures, et qu’il leur ouvre l’intelligence pour qu’ils puissent les comprendre (v. 32, 45). Pour croître dans la connaissance de notre Sauveur, l’Ancien Testament est pour nous une source inépuisable. Le Seigneur Jésus nous y est présenté par divers moyens, quatre au moins :

     — par des personnages typiques (tels Joseph et David),

     — par des institutions lévitiques (tels les sacrifices),

     — à travers des expériences vécues par les fidèles (comme dans les Psaumes),

     — par des annonces prophétiques explicites (comme És. 7:14 ; 9:6, 7 ; 49:1-9 ; 53:1-12).

    On peut dire que la dispensation de la loi a connu un certain changement par l’introduction du ministère prophétique, à partir de Samuel. Les prophètes avaient pour mission de ramener le peuple à la loi, mais Dieu les a utilisés de façon spéciale pour manifester sa grâce, dans la mesure où cela était possible dans cette dispensation-là. Leur importance morale est telle que, pour caractériser cette dispensation, le Seigneur utilise l’expression «la loi et les prophètes». Il dit : «La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean ; dès lors le royaume de Dieu est annoncé» (Luc 16:16). Ce passage nous montre aussi le moment précis qui marque la fin de la dispensation de la loi.

    3.6   Le ministère de Jésus

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2

    Les années du ministère de Jésus sur la terre constituent une période de transition entre la dispensation de la loi et celle de l’Église. Elles appartiennent déjà au temps de la grâce, mais pas encore à celui de l’Église, qui ne commence que le jour de la Pentecôte.

    Il est bien naturel que les chrétiens cherchent dans les Évangiles, dans les enseignements du Christ lui-même, l’essence du christianisme. Dans un sens, c’est juste : les paroles et les actes de Jésus ont une valeur insurpassable pour le coeur de tout vrai croyant. Cependant, le Seigneur lui-même a dit : «J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand... l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité» (Jean 16:12, 13). Le christianisme ne pouvait pas être révélé dans sa plénitude avant l’achèvement de l’oeuvre de Christ à la croix et son élévation dans la gloire.

    Le Seigneur est venu sur la terre pour accomplir ce qui était annoncé de lui dans l’Ancien Testament. Toutes les espérances des fidèles en Israël étaient concentrées sur Celui qui devait venir et sur le règne glorieux qu’il devait instaurer (cf. Matt. 11:3). Le rejet du Messie était, bien sûr, parfaitement connu de Dieu, et les prophètes en avaient parlé, mais le Seigneur ne s’est pas présenté à Israël comme le Roi rejeté. Il s’est présenté comme celui qui devait être accueilli.

    Ceci donne un caractère particulier au message qu’il a apporté, du moins au début de son ministère. Il s’est adressé d’abord à un peuple qui avait des espérances terrestres, qui attendait le royaume de Dieu sur la terre. Ce n’est que petit à petit, tandis que son rejet se marquait plus clairement, qu’il a fait comprendre aux siens qu’ils n’avaient rien à attendre sur la terre. Le royaume de Dieu est devenu le royaume des cieux, expression caractéristique de Matthieu. Le royaume est bien pour la terre, mais le Roi sera pour un temps caché dans les cieux. Le royaume aura une forme mystérieuse, non annoncée dans l’Ancien Testament. Dans Matthieu, la progression du rejet de Jésus est particulièrement bien marquée. Dans Jean, par contre, le Seigneur nous est déjà présenté dès le premier chapitre comme rejeté (v. 5, 10, 11).

    Le témoignage du Seigneur Jésus parmi les juifs était pour eux une nouvelle mise à l’épreuve, après celle de la loi. Dans la parabole du figuier, le maître dit au vigneron : «Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point : coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ?» (Luc 13:7). Le figuier est l’image d’Israël. Ce peuple devait être mis de côté lorsqu’il aurait donné la preuve qu’en dépit des meilleurs soins qui pouvaient lui être prodigués, il était incapable de porter du fruit pour Dieu. En fait c’était un test de l’homme dans la chair. Et tant que ce test n’était pas achevé, tout ce qui découlait de ses résultats ne pouvait pas encore être annoncé, si ce n’est dans un langage voilé.

    Beaucoup des enseignements du Seigneur à ses disciples ont un caractère juif très marqué. Il en est particulièrement ainsi des discours prophétiques (Matt. 24 et 25 ; Marc 13 ; Luc 21). Lorsque le Seigneur parle de son retour, il est presque toujours question de sa venue en gloire sur la terre, et non de sa venue pour prendre les siens auprès de lui dans le ciel. Cet événement-là se trouve bien annoncé en Jean 14:3, et même très clairement, mais le plus souvent le Seigneur envisage son retour dans la perspective des promesses faites à Israël, qui sont toutes en rapport avec la terre. La période de l’Église s’insère, comme une merveilleuse parenthèse, dans l’histoire d’Israël. De sorte que, dans le développement de cette histoire, la «génération» qui précède immédiatement l’ouverture de la parenthèse et celle qui la suit immédiatement sont assimilées l’une à l’autre : «Cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé» (Luc 21:32).

    C’est à cette «génération» -là que le Seigneur enseigne la prière connue sous le nom de l’oraison dominicale (Matt. 6:9-13). Cette prière est sans doute pleine d’instruction pour nous, comme d’ailleurs celles que nous trouvons dans l’Ancien Testament, mais elle n’est guère adaptée à la dispensation chrétienne. Dans celle-ci, le principe même d’une prière apprise et récitée n’est pas en accord avec la ressource du Saint Esprit par lequel nous pouvons prier, et qui nous conduit à exprimer nos besoins spécifiques (Éph. 6:18 ; Jude 20).

    Le désarroi des disciples au moment de la crucifixion montre bien qu’ils n’avaient pas encore saisi le plan de Dieu. «Nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël» (Luc 24:21). Et même, après la résurrection, ils demandent : «Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ?» (Act. 1:6). Les choses ne deviendront claires pour eux qu’après la descente du Saint Esprit sur la terre.

    On peut dire, un peu paradoxalement, que les évangiles ne constituent pas tout l’évangile ! Dans ceux-ci, nous voyons le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu devenu homme sur la terre, apportant la grâce et la vérité. Nous le voyons ému de compassion envers ses créatures perdues, révélant le coeur de Dieu, agissant en grâce et en bonté. Nous le voyons aussi comme la lumière divine qui manifeste le vrai état de tout homme — aussi bien celui du pharisien fier de sa propre justice que celui du plus grand pécheur. Il montre que tous sont perdus, ont besoin d’un Sauveur, et qu’il est, lui, celui qui sauve. Il fait appel à la foi de ceux auxquels il s’adresse, et il donne la vie éternelle à celui qui croit en lui. Tout cela, c’est bien l’évangile, et les épîtres compléteront ce message.

    La venue de Christ dans le monde, sa vie, sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, sont des faits qui constituent le fondement de l’évangile prêché par les apôtres. Leur prédication sera d’abord la proclamation de ces grands faits, attestés par de nombreux témoins (cf. Act. 2:32 ; 4:20 ; 5:32 ; 13:31 ; 1 Cor. 15:1-8). Puis l’Esprit de Dieu développera, par leur moyen, tout ce qui découle de la venue et de l’oeuvre de Christ. C’est dans les épîtres que l’on trouve l’enseignement complet concernant la ruine de l’homme, la certitude du salut, les deux natures, notre mort avec Christ, l’affranchissement, l’action du Saint Esprit, l’appel céleste...

    3.7   L’Église et la période chrétienne

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2 "les pierres vivantes" yes

     

    Le Seigneur avait parlé de l’Église (ou assemblée) comme d’une chose future : «Je bâtirai mon assemblée» (Matt. 16:18). Celle-ci a commencé d’exister le jour de la Pentecôte, lors de la venue du Saint Esprit sur la terre. La présence du Fils de l’homme glorifié dans le ciel, et celle du Saint Esprit sur la terre, liant les croyants à Christ dans le ciel, donnent au christianisme son caractère particulier.

    Nous reviendrons plus loin sur le sujet de l’Église, et des différences caractéristiques entre cette dispensation et celles qui l’entourent. Disons ici quelques mots sur les révélations divines qui prennent place dans cette période.

    Le Seigneur Jésus, nous venons de le rappeler, avait encore beaucoup de choses à dire à ses disciples, mais ils ne pouvaient pas les supporter alors. Avant sa mort, sa résurrection et son élévation dans la gloire, ces choses ne pouvaient être révélées. Elles ne pouvaient être comprises que par l’action du Saint Esprit en ceux qui allaient le recevoir (Jean 16:12, 13). Pour les croyants, posséder l’Esprit est un privilège inestimable. «L’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu... Nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu» (1 Cor. 2:10-12).

    À celui «qui auparavant était un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux» (1 Tim. 1:13), il a été accordé un service spécial quant à «l’administration de la grâce de Dieu» (Éph. 3:2). Un mystère, qui en d’autres générations n’avait pas été donné à connaître, a été révélé par l’Esprit aux apôtres et prophètes du Nouveau Testament (3:5). Et très particulièrement à l’apôtre Paul. «À moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ» (3:8).

    Les épîtres de Paul développent ces richesses. Il n’est guère possible de les exposer ici, mais soulignons deux faits importants à cet égard.

    1° Avec ce qui a été communiqué aux apôtres, notamment à Paul, s’achève le cycle des révélations de Dieu aux hommes. Paul parle de l’administration qui lui a été donnée, «pour compléter la parole de Dieu» (Col. 1:25). Toute prétention à de nouvelles révélations n’est qu’une imposture !

    2° Si le Seigneur Jésus ne pouvait pas encore exposer tous les éléments de la vérité chrétienne, il a pourtant mis son sceau par avance sur la plupart d’entre eux, par une brève mention. C’est une constatation très encourageante ! Citons quelques exemples.

     — La venue du Seigneur pour enlever à lui les siens est développée dans les épîtres de Paul (en particulier : 1 Cor. 15:51-58 ; 1 Thess. 4:13-18), mais le Seigneur Jésus en a dit l’essentiel en Jean 14:3 : «Si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi».

     — La doctrine de l’assemblée est présentée dans les épîtres, mais le Seigneur y a fait des allusions claires en Matthieu 16 et 18.

     — L’introduction des nations dans les privilèges qui découlaient des promesses faites à Israël n’a eu lieu qu’après la révélation faite à Pierre en Actes 10. Et la position particulière de ce peuple durant l’époque de l’Église est exposée dans les épîtres. Mais le Seigneur, qui pourtant n’était «envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël», y avait déjà fait allusion. Il avait dit : «Plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors» (Matt. 8:11, 12).

     — L’union du croyant avec Christ, largement développée dans les épîtres, avait déjà été décrite en quelques mots par le Seigneur : «En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous» (Jean 14:20).

    3.8   Les jugements futurs

     

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2

    Les croyants de l’époque actuelle — auxquels seront joints les croyants de tous les temps passés, ressuscités par la puissance du Seigneur Jésus — seront enlevés au ciel à son retour. Dès ce moment, il n’y aura plus de chrétiens sur la terre, ni d’Église, si ce n’est ce qui restera de ses formes extérieures : une profession sans vie — la grande Babylone — sur laquelle le jugement le plus sévère va tomber (Apoc. 17 et 18). Dans l’Apocalypse, l’histoire de l’Église est esquissée prophétiquement dans les chapitres 2 et 3, au moyen des lettres aux sept assemblées d’Asie. Ce sont «les choses qui sont» (1:19). À partir du chapitre 4, nous avons «les choses qui doivent arriver après celles-ci» (1:19 ; 4:1), c’est-à-dire les jugements terribles qui tombent sur toute la terre. Ceux dont la responsabilité est particulièrement grande, parce qu’ils ont été mis en contact avec la vérité, sont l’objet d’un jugement extrêmement sévère : «Et à cause de cela, Dieu leur envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice» (2 Thess. 2:11, 12). Tel sera le sort des nations dites christianisées.

    Mais au sein des douleurs inimaginables de cette période, l’Apocalypse nous montre la présence d’un résidu juif fidèle, persécuté et soupirant après la délivrance. Leurs souffrances culmineront dans la période de trois ans et demi appelée la grande tribulation (Matt. 24:21), dans laquelle l’épreuve atteindra une intensité jamais égalée sur la terre. Par ces tribulations, Dieu produira un travail de conscience dans beaucoup de coeurs et les amènera à se repentir (Ézéch. 36:24-32 ; Osée 2:14-23 ; Zach. 12:8-14). Lorsque ce travail sera complet, l’Éternel renouera ses relations avec Israël, qu’il appellera de nouveau «mon peuple» (Osée 2:23).

    De nombreuses prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament concernent cette période. C’est le cas des Psaumes, dont beaucoup présentent les sentiments, les angoisses et les supplications des fidèles, ou même leurs appels à la vengeance. C’est aussi le cas (du moins en bonne partie) des discours prophétiques du Seigneur dans les trois premiers Évangiles. Il est clair que tout ceci est en dehors du terrain chrétien, bien que nous puissions y trouver de l’instruction.

    L’évangile du royaume, que le Seigneur avait annoncé en Israël au début de son ministère, sera de nouveau proclamé, mais cette fois-ci à toutes les nations, pour annoncer l’avènement du règne millénaire (Marc 13:10). Cet évangile est appelé l’évangile éternel en Apocalypse 14:6. Beaucoup le recevront dans leur coeur (És. 2:3, 4 ; Zach. 8:22, 23). Mais, de gré ou de force, tout homme devra s’incliner devant le Dieu Tout-puissant, Créateur et Juge, et lui donner gloire.

    3.9   Le Millénium

    Les dispensations : de quoi s’agit-il ? (petite série en 8 chapitres ) :chapitre 2

     

    Lorsque la terre aura été purifiée par les jugements, lorsque tout ce qui est opposé à Dieu aura été balayé, viendront «les temps de rafraîchissement», «les temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (Act. 3:19, 21).

    C’est effectivement dans l’Ancien Testament que l’on trouve le plus de renseignements concernant ce règne de justice et de paix. L’Apocalypse, qui fixe sa durée à mille ans, nous dit que pendant ce temps Satan sera lié, en prison, hors d’état de séduire (20:1-3, 7).

    Mais n’oublions pas que ce règne millénaire est le règne de Christ sur la terre. C’est ce grand fait qui est surtout mis en évidence dans les passages des épîtres qui en parlent. À cette dernière dispensation, l’épître aux Éphésiens donne le nom de la plénitude des temps. C’est la période de l’accomplissement de tous les desseins et toutes les voies de Dieu, pour la gloire de son Fils. Dieu nous a «fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, en lui» (1:9, 10). Actuellement, nous ne voyons pas encore que toutes choses soient assujetties à Christ (Héb. 2:8), bien que, dans un sens, il en soit ainsi (Éph. 1:22). Glorifié et exalté, il est «Chef sur toutes choses» et a été donné comme tel à l’assemblée qui est son corps. L’existence du mal sur la terre (et dans le ciel, puisque Satan s’y trouve encore), l’existence de volontés humaines opposées à celle de Dieu, sont des éléments de désordre qui empêchent la réalisation de l’unité parfaite sous la main de Christ. Mais Dieu veut réunir en un toutes choses, dans les cieux et sur la terre, dans une harmonie et un ordre parfaits. Et cela se réalisera par l’assujettissement de toutes choses à Christ.

    Or, en lui «nous avons aussi été faits héritiers», ajoute l’apôtre (v. 11). C’est le privilège inestimable de l’Église. Ceux qui sont unis à Christ comme étant les membres de son corps sont introduits dans sa relation avec son Dieu et Père, et ils lui seront associés dans sa position glorieuse de chef sur toutes choses. Ils régneront avec lui (Apoc. 5:10). Ainsi, Celui qui a été un objet de mépris sur cette terre de péché y sera honoré comme il en est digne.

    À la fin de cette dernière et glorieuse dispensation, Christ remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15:24). Un passage de l’Apocalypse nous dépeint brièvement les derniers événements qui se passeront sur la terre : «Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera délié de sa prison ; et il sortira pour égarer les nations...» (voir Apoc. 20:7-10). Le règne de justice et de paix n’aura pas changé le coeur de l’homme, et tous ceux qui s’étaient soumis «en dissimulant» (Ps. 18:44) se laisseront entraîner par Satan à la révolte contre Christ et «les saints». Mais le jugement de Dieu ne tardera pas à les consumer. «Le premier ciel et la première terre» disparaîtront et feront place à «de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite» (2 Pierre 3:7, 10, 13 ; Apoc. 21:1).

    Ce sera l’état éternel qui, lui, ne peut guère être considéré comme une dispensation. Dans cet état de gloire et de perfection, l’homme ne sera plus dans une condition de responsabilité devant Dieu, comme étant dépositaire d’une révélation particulière de sa part.

     http://www.bibliquest.org/JAM/JAM-Dispensations_texte_seul.htm#TM4

     

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